Tout brûle déjà

Parce que les choses sont comme elles sont,

les choses ne resteront pas comme elles sont

Bertolt Brecht


Nous savons que la situation est intenable. Des ruines de Gaza aux tranchées du Donbass, des cages pour mineurs de la frontière mexico-américaine aux camps du Xinjiang, jusqu’à la fumée des feux de forêt remplissant les appartements qu’on peine à se payer, le sentiment de fin du monde est omniprésent.

Notre civilisation vit un moment de polycrise : crise écologique, crise du logement, de l’inflation, crise économique, crise politique et diplomatique. Cette accumulation de crises est en fait un symbole d’un phénomène bien plus profond, la crise du mode de production capitaliste. En effet, le mode de production actuel, la manière dont nous transformons la nature en culture, le bois en meuble, les terres rares en microprocesseurs, la vache en steak et le bébé en diplômé, est régie par la nécessité du Capital de croître pour lui-même. Pour croître, il doit exploiter, c’est-à-dire faire du profit sur le travail des prolétaires et extraire un maximum de la nature.

La compréhension de la situation politique actuelle doit donc partir de la compréhension du nexus, l’enchaînement créé par ces crises. La stratégie révolutionnaire est d’abord un guide de navigation des convulsions du capitalisme en crise.

La première forme de cette crise est économique. Depuis la fin des années 1960, le capitalisme est incapable de maintenir son taux de profit. Ce dont nous parlons, ce n’est pas le profit record pour certains secteurs bien spécifiques, mais la quantité de profit en relation à l’investissement. On peut prendre l’exemple d’un baril de pétrole, une des marchandises les plus vendues et les plus importantes dans le capitalisme actuel. En 1969, un baril de pétrole coûtait 2,39 $ et pouvait générer 11 $1de profit par le raffinage, le transport et la vente. En 2021, un baril générait 15 $ de profit… pour un investissement initial de 79 $2. Cela rend la croissance beaucoup plus difficile. Notre baron du pétrole en 1969 pouvait s’acheter presque 5 autres barils avec le profil d’un seul, aujourd’hui il doit en vendre 5,2 pour en ajouter un de plus à son capital. Ce phénomène se généralise et rend les investissements non seulement plus difficiles mais plus risqués, la croissance n’étant même plus garantie par le profit.

Si l’on voulait faire une brève cartographie des investissements profitables, les secteurs générateurs de profits importants en ce moment (la technologie par exemple) sont des secteurs qui demandent des investissements massifs en recherche et développement. Investissements risqués, car leurs résultats ne garantissent jamais d’amener des retombées, la recherche pouvant toujours se retrouver dans un cul de sac. Les autres secteurs profitables, comme la logistique, le font par un écrasement général des personnes salariées et une tentative de générer le plus de profit par heure travaillée, les conditions de travail d’un entrepôt d’Amazon étant un excellent exemple de cette démarche. L’autre solution est l’assurance publique des profits : comme nous le voyons constamment, des fonds publics sont massivement dépensés pour justifier la création de profit, le projet Northvolt ou le financement de l’industrie du jeu vidéo à Montréal étant de bons exemples locaux. Mention spéciale au secteur des armes et des technologies militaires qui combine avec un brio mortifère les trois tendances décrites plus haut.

Finalement, nous sommes dans une phase du capitalisme où la spéculation et la recherche de revenus passifs sont centrales, car elles permettent de grands profits et des revenus constants pour des investissements amortis dans le temps. En effet, la capitalisation sur des revenus futurs est de plus en plus présente. Ainsi, dans l’immobilier locatif en spéculant on le voit dans la montée toujours croissante du marché ou sur des produits financiers. Le phénomène est le même pour les entreprises non-rentables mais possédant ce que l’on veut faire paraître pour une technologie prometteuse, comme Uber ou Tesla3. Ces dernières n’ont jamais généré de profits autres qu’en vente d’actions mais le pari est fait qu’elles le feront un jour. On peut aussi penser aux services de streaming ou aux objets financiers existant principalement pour être revendus comme les crypto-monnaies et les NFT. La spéculation est le principal générateur de profit en ce moment. Cependant, toutes ces formes de croissance du capital sont particulièrement instables et risquées, leurs capitaux fictifs pouvant s’évaporer en quelques secondes dès que la confiance des marchés disparaît. En fait, la situation des marchés des dernières années peut être décrite comme une crise diffuse et permanente, la volatilité des actifs étant le premier facteur.

La deuxième forme de cette crise du capitalisme est reproductive4. Le capitalisme a une relation particulière à la question reproductive, c’est-à-dire à la reconstitution permanente des conditions de production et des rapports sociaux qui en découlent et les soutiennent (« Quelle que soit la forme du processus de production dans une société, celui-ci doit être un processus continu, qui doit continuer à passer périodiquement par les mêmes phases. Une société ne peut pas plus cesser de produire qu’elle ne peut cesser de consommer. Considéré donc comme un tout connecté et se renouvelant incessamment, tout processus social de production est en même temps un processus de reproduction » K. Marx, Le Capital, I). Cette reproduction pose le problème de la question du genre et de sa binarité et des structures cishétéropatriarcales. En effet, un des processus nécessaires au capitalisme est la prolétarisation, c’est-à-dire la dépossession de la capacité de vivre sa vie à l’extérieur de la vente de sa force de travail, lorsque l’on n’est pas un·e bourgeois·e. Ce processus s’accompagne d’une tendance à l’homogénéisation du travail, à la réduction des tâches reproductives à des tâches mesurables de façon abstraite5, donc à une relative ou une prétendue uniformisation dans le rôle de chacun·e dans la production. Dans les centres du capitalisme, une éducation de plus en plus uniforme est proposée aux enfants assigné·s aux deux genres de la binarité patriarcale et les champs de travail deviennent de plus en plus mixtes, amenant une certaine émancipation économique aux femmes. En même temps, il se maintient une surexploitation du travail reproductif des femmes, souvent gratuitement. Le capitalisme est ici travaillé par une double tendance. D’une part, jamais dans l’histoire de la société de classes, les femmes n’ont été aussi autonomes et éduquées, même à l’échelle globale, ce qui fait paniquer la bourgeoisie et les classes dirigeantes de plusieurs pays qui, consciemment ou non, voient ces changements libéralisateurs comme la possibilité que la classe des femmes refusera d’être les couveuses de l’armée de réserve des futur·e·s exploité·e·s.6 De l’autre, la mise au pas de nos corps par la marchandise, l’économie domestique et la violence patriarcale, restent indissociable non seulement du capitalisme comme système économique, mais aussi des manières qu’il a eues de se perpétuer au fil des années avec lesquelles il ne peut pas rompre facilement. Un exemple extrême qui démontre ces tendances est la République islamique d’Iran. Malgré l’apartheid de genre le plus violemment maintenu au monde, le pays a récemment renoncé à l’interdiction faite aux femmes de travailler dans le secteur industriel et possède une des populations féminines les plus éduquées au monde.

Cette crise se manifeste aussi sous la forme d’une crise des modèles relationnels. La domination de la famille nucléaire cishétéronormée, qui trouve son parachèvement avec le capitalisme colonial faut-il le rappeler, comme modèle reproductif, se trouve désormais ébranlée sur un certain nombre de points névralgiques (déconstruction du genre, luttes de libération trans et queer, remise en question de la binarité, développement des méthodes de contraception et de contrôle de son corps, etc.). Cependant elle reste, tout comme les socialisations qu’elle produit, un point d’ancrage profond des relations de classes et de l’économie du Capital. Les prochaines années seront un moment où les questions reproductives et de genre seront des sources d’immenses tensions sociales à travers toutes les classes, car elles seront des points majeurs de crise du mode de production, positionnant des blocs interclasses entre eux. Il faut comprendre que ce conflit se fera en grande partie parce qu’une fraction non négligeable et la plus réactionnaire de la classe capitaliste voit dans la survie de modes de reproductions patriarcales, de la division sexuelle du travail et des expressions de genre, un pilier central du maintien des conditions d’exploitations. C’est à dire que même si le mode de production capitaliste tend à remplacer l’économie domestique patriarcale dans certains secteurs et même à diminuer son emprise sur la sphère privée, le capitalisme organise aussi sa survie et le réorganise pour ses besoins7. Ce développement inégal et combiné de l’économie reproductive amène nécessairement une tension sur l’ensemble de la position des femmes et de la position des individus sur le spectre du genre (de par leur non-conformité ou de par leur association, volontaire ou non, au féminin) à travers toutes les sphères de la société, notamment par l’organisation des éléments les plus réactionnaires. Le problème, pour eux, est que même s’ils imposent retour en arrière sur retour en arrière aux libertés des femmes et des personnes queers et non-conformes dans le genre, les bases de l’économie domestique sur laquelle leur idéologie patriarcale repose sont constamment érodées par le mouvement du capital et ne peuvent pas être durablement restaurées.

La troisième forme de la crise est politique. Elle est sans doute la moins étudiée à gauche. Nous assistons pourtant à une crise du monde politique bourgeois, et surtout de son institution politique principale, l’État-nation. Avec le développement du capitalisme dans l’histoire, l’émergence de la bourgeoisie comme classe dominante s’est accompagnée de la construction de la nation et du nationalisme. L’agrandissement notable des réseaux d’échange internationaux et la création de la division internationale du travail sont arrivés à faire vivre un capitalisme où l’État-nation triomphe comme forme politique en optimisant l’échange des ressources, des marchandises, voire des personnes. En fait, la création de la nation politique s’accompagne du processus de mondialisation capitaliste. L’État-nation est une forme politique qui tente de réconcilier ces deux faits. L’État tente d’imposer les intérêts de sa propre bourgeoisie dans les jeux de l’impérialisme, lui tailler sa place dans la concurrence mondiale pour l’accès au marché, aux ressources et aux prolétaires d’autres nations. Cependant, la mondialisation des chaînes d’approvisionnement et des besoins de production a rendu les États de plus en plus interdépendants, tout en accroissant la concurrence entre eux et en diminuant leur capacité de contrôler leur propre économie. Les économies nationales sont plus que jamais des maillons d’une grande chaîne de production. Les États sont de moins en moins capables d’agir comme médiateurs entre le capitalisme comme mode de production et les intérêts particuliers de leur bourgeoisie. De plus, l’aggravation de problèmes internationaux, rend le cadre national de plus en plus désuet comme acteur de gestion du capital. On pense évidemment en premier lieu à la question écologique, mais d’autres problématiques majeures viennent souligner cet enjeu : utilisation de la stratosphère à des fins économiques, distribution aléatoire des ressources nécessaires à travers le globe, la gestion du cyberespace, la croissance monstre des voies maritimes et aériennes internationales, etc. De nombreuses tentatives de créer des structures supranationales ont échoué les unes après les autres, devenant soit insignifiantes soit complètement sous la domination d’un impérialisme, l’État-nation ne pouvant renoncer à sa nature et accepter son propre effacement. De plus, la superstructure8 de la nation se trouve de moins en moins adaptée pour faire face aux vagues migratoires massives créés par la division internationale du travail, sans même parler des guerres et crises climatiques dont les origines sont directement liées aux enjeux mentionnés ici. Une composante intrinsèque de l’idéologie bourgeoise et de sa capacité à garder le pouvoir politiquement rentre en contradiction avec un besoin fondamental du capital. Nous pouvons voir comment la bourgeoisie britannique s’est sabotée elle-même en tentant de réaffirmer son indépendance face au capital européen, allemand et français par le Brexit. On peut analyser ceci comme une manifestation criante du fait que l’État-nation est ici en contradiction directe avec les besoins d’un capitalisme national. Nous sommes réellement dans une situation telle que décrite par Marx dans la Critique de l’économie politique : « À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants[…]. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale »9.

Pour l’instant, la crise de l’état nation génère principalement des moyens de le renforcer. La montée des nationalismes et des populismes, de droite comme de gauche, s’inscrit dans le fait que la forme principale de l’organisation politique sous le capitalisme est maintenant en contradiction directe avec les besoins du capital. En tant que communistes, nous savons que la solution est pourtant simple, à défaut d’être facilement réalisable. Le nœud gordien doit être tranché, la nation abolie et l’État bourgeois, détruit.

La quatrième et dernière forme de la crise qui frappe la civilisation du capital est, bien sûr, la crise écologique. Le dérèglement climatique est une évidence, la crise de la biodiversité un problème civilisationnel. Dans le présent, l’incapacité du mode de production capitaliste à faire face à la crise climatique est évidente. Nous nous contenterons de pointer le fait que toutes les solutions possibles du capitalisme aux crises précédentes, aussi peu crédibles soient-elles, ne feraient qu’empirer celle-ci. Un redémarrage de l’économie productive se ferait à des coûts écologiques catastrophiques. La stabilisation de la sphère privée au prix d’une explosion de la consommation, autant par l’augmentation démographique que par la réduction de l’autonomie corporelle suppose que la justification de la place du pater familias comme pourvoyeur se mesure ultimement comme une accumulation de marchandises. Le renforcement des blocs nationaux nous rendra encore moins capable de faire face à ce problème planétaire et de proposer un plan de survie pour l’espèce, car chaque nation défendra ses intérêts particuliers.

Maintenant, en tant que révolutionnaires, quelles conclusions devons-nous tirer de cette analyse ?

Il n’y aura pas de retour au capitalisme des années 1950 et 1960. Le programme de la social-démocratie et de l’État providence est une impossibilité. Les taux de profits massifs des trente glorieuses, liés aux nouvelles configurations économiques mondiales engendrées par les conséquences de la Seconde Guerre mondiale, étaient la condition qui permettait les taux d’imposition massifs rendent l’État-providence possible. Aujourd’hui, les tentatives de faire renaître l’État social buteront sur deux choses : des entreprises à qui une imposition plus grande couperait la possibilité d’investissement nécessaire à la croissance et des capitaux fictifs dont l’imposition des gains accélérerait leur vaporisation, la réduction de leur profitabilité rendent les investissements basés sur la confiance particulièrement volatiles. En ce moment, tout·e révolutionnaire conscient·e doit comprendre que si des luttes immédiates sont possibles pour les salaires et des améliorations, nous faisons face à un capital de plus en plus sous pression et incapable de satisfaire nos revendications de manière apparemment démocratique. Une importante composante des luttes économiques d’aujourd’hui ne peut donc se contenter d’aller gruger dans le profit pour de meilleures conditions, mais doit comprendre une exigence de prise de contrôle par la classe ouvrière et une démarchandisation du monde, de tout ce qui est nécessaire à nos vies. Les luttes pour des améliorations concrètes dans les prochaines décennies ressembleront moins aux échauffourées du mouvement ouvrier pour des augmentations de salaires, bien qu’elles restent une constante de la lutte de classe sous le capitalisme, mais à la construction de solidarités collectives pour retirer des pans de notre vie du contrôle de la classe ennemie, à une alliance contre le caractère d’exploitation du capitalisme qui tient compte de la diversité des formes de l’expérience de l’exploitation.

Une ligne de rupture doit être tracée avec les structures reproductives patriarcales. Nous devons être des accélérationnistes de la décomposition du genre. C’est probablement l’un des rares secteurs de la société où une véritable expression de la nature progressiste du capitalisme est encore tangible, mais se trouve en même temps à être le lieu d’expression de ses tendances les plus réactionnaires. Les tendances de destruction de la cellule familiale doivent être défendues, en ce qu’elles préfigurent d’autres formes d’organisations sociales et économiques Cette lutte doit être aussi le moment de créer, ici et maintenant, des formes de vie qui brisent avec l’aliénation froide que nous propose le capital comme alternative. Appliquons dès aujourd’hui un programme de transition vers une société libérée du patriarcat. Ce n’est que par l’abolition totale de la division production/reproduction et de sa superstructure du genre, sous la direction des femmes du prolétariat international et des queers prolétariennes du monde entier, qu’une véritable libération est possible. Espérer la révolution féministe™ ou la libération trans™ sous le capitalisme, ce n’est qu’une réorganisation des schémas d’exploitations et d’oppressions actuels.

L’internationalisme doit être une pratique politique concrète et pas une position de principe. Cela veut dire que l’État-nation ne peut être notre point de focus politique. Il faut donc refuser toute participation électorale ou action politique se limitant à réclamer des concessions à un État-nation particulier. Il faut arracher ce dont nous avons besoin, tout en organisant les prolétaires de tout statut et de toute origine autour d’un projet international. Il faut prendre le territoire productif et les circuits de flux du capital comme base de notre action organisatrice. Il nous faut internationaliser notre solidarité et territorialiser nos interventions, sans nous restreindre aux limites de l’État-nation. C’est aussi un positionnement sans compromis contre tous les impérialistes en comprenant que nous sommes dans une position particulièrement efficace pour saboter l’impérialisme et le colonialisme canadien. Aux convulsions de l’impérialisme mondial et de ses flambées militaristes, le vieux slogan de « transformer la guerre impérialiste en guerre civile révolutionnaire » reste un pilier de l’autonomie prolétarienne.

L’actualisation de la perspective révolutionnaire est une question tactique et stratégique. Cela veut dire que nous ne pouvons pas être révolutionnaires alors que notre pratique est au mieux, volontairement ou non, consciemment ou non, celle de la sociale-démocratie. Nous devons cultiver une pratique d’autonomie organisationnelle et politique pour toutes les luttes de notre classe, en rupture avec les organes d’intégration (syndicats légalement reconnus, groupes communautaires), mais aussi avec une tension permanente avec la légalité bourgeoise. Des questions sérieuses se posent : comment faire de la région métropolitaine de Montréal une base rouge, un milieu révolutionnaire ? Comment neutraliser les infrastructures de la voie du Saint-Laurent, où se croisent le colonialisme canadien et le capitalisme mondial ? Comment écraser cette bourgeoisie nationale coloniale qui nous domine ?

Notre programme politique, si nous le prenons un tant soit peu au sérieux, exige une révolution internationale pour sa réalisation. La préparer, cela veut dire que la confrontation avec l’ennemi de classe et ses nervis doit maintenant faire partie de notre réalité journalière.

Devant ces constats, nous ne pouvons qu’être frappé·e·s par une réalité. Aucun groupe d’extrême-gauche dans les territoires sous domination de l’État canadien n’est en mesure de répondre aux exigences du moment. Seul le prolétariat peut répondre à ses tâches historiques. Cependant, nous croyons fermement que nous regrouper autour d’une analyse collective et d’une pratique commune sont les premiers pas à prendre pour créer une section locale d’une future organisation communiste, révolutionnaire et internationale. Il faut se battre pour la révolution internationale, pour le communisme, ici, maintenant sans compromission ni aventurisme, avec toute la fermeté et l’intelligence nécessaire.

1:The political economy of crude oil price, Edward W. Erickson, the natural ressource journal, fall 1978

2:Jeff Lenard, Do Oil Companies Make Money on High Gas Prices ? https ://www.convenience.org/Media/conveniencecorner/How-Much-Oil-Companies-Make-on-High-Gas-Prices# :~ :text=For%20example%2C%20in%202021%2C%20oil,heating%20oil%2C%20among%20other%20options.

3: https ://www.cnn.com/2021/01/31/investing/tesla-profitability/index.html

4 :Le travail reproductif renvoie à toutes les tâches permettant la reproduction de la force de travail comme les tâches ménagères, de garde des enfants, etc. Ce travail non-rémunéré, non-reconnu et considéré comme improductif est généralement effectué par les femmes et est considéré comme accessoire bien qu’il joue un rôle essentiel dans le fonctionnement du système capitaliste.

5 :Pensons à comment les techniques de gestion toyotiste leans sont appliquées en santé, en éducation, ou comment le taylorisme est de plus en plus omniprésent dans la restauration, ou simplement comment chaque activité devient de plus en plus mesurable, pouvant être publicisée et potentiellement monétisée.

6: L’armée de réserve est la quantité de travailleurs et de travailleuses privées d’emplois qui font pression sur les salaires en entrant en concurrence avec les salariées ayant un emploi. La baisse du taux de natalité dans les dernières années a grandement participé à sa réduction, affolant la bourgeoisie. Du réarmement démographique macroniste aux politiques natalistes de Victor Orbán ou du Parti « communiste » chinois, le capital ne digère pas l’autonomie corporelle que les femmes ont pu gagner dans les dernières années et tente à nouveau d’en transformer le plus grand nombre possible en couveuses de la force de travail.

7: Observons l’exemple de l’esclavage aux États-Unis d’amérique au 19ème siècle. Si la montée de l’industrialisation a participé à faire abolir l’esclavage dans le nord, elle l’a aussi renforcé dans le sud, la production de coton étant cruciale pour l’industrie. Cependant, les tensions entre capital industriel (représenté par la bourgeoisie du nord) dépendant du marché intérieur et le capital agraire dépendant des exportations (représenté par l’aristocratie esclavagiste du sud) amène au conflit qui abolira l’esclavage. Cependant, cette abolition ne vient pas avec une libération totale, mais avec une réorganisation de l’agriculture du sud par un système de ségrégation raciale et de l’endettement organisé des fermiers-locataires noirs, plus adapté à l’exploitation industrielle.

8:La structure dans le marxisme renvoie aux facteurs économiques et matériels, la superstructure est le facteur idéologique. Le capitalisme et le libéralisme en sont un exemple facilement observable.

9:https ://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm