TR, Chef de train du CN
1) L’entreprise
Dans quelle entreprise travailles-tu ?
TR : Le Canadien National
À quel secteur appartient-elle ?
TR : Logistique.
Dépend-elle d’un trust ou d’une multinationale ?
TR : Oui.
Que produit ton entreprise ou quels services vend-elle ?
TR : Transport de marchandises par trains.
Dans quel atelier, département, ou service travailles-tu ?
TR : Transport.
Ton entreprise reçoit-elle des subventions de la région ou de l’État ?
TR : Oui.
2) La région
Existe-t-il des entreprises du même secteur d’activité dans la région ?
TR : Oui, le CPKC notamment.
Quelle est l’opinion du public, des patrons, et des hommes politiques à son sujet ?
TR : Opinion publique : Neutre. Patrons : bonne entreprise, importante pour l’économie du pays.
3) Les collègues de travail
Combien de salarié.e.s travaillent dans ton entreprise ?
TR : Entre 10 et 12 000.
Quelle est la proportion d’hommes et de femmes ?
TR : 98 % d’homme.
Quelle est la proportion de francophones, d’anglophones, d’immigré.e.s, etc. ?
TR : 5 % d’immigrants, dont moi. Franco anglo ça suit la localisation du lieu de travail au Pays.
Quels sont les pays d’origine des migrants ?
TR: Surtout de Roumains, des latinos et quelques Magrébins.
Combien y a-t-il d’intérimaires, de salarié.e.s, à temps partiel et à temps plein ?
TR : 60 % sur appel, 40 % régulier à peu près.
Est-ce que la proportion entre ces différentes catégories de personnel évolue, et pourquoi ?
TR : Oui, ça évolue selon la quantité de cargos et la santé de l’économie. Beaucoup plus de sur appel dans les pics d’activité économique.
Comment le travail est-il organisé au niveau du temps :
TR : Par ancienneté. On bide au niveau des shifts qu’on souhaite, puis ensuite on est appelé selon notre ancienneté pour répondre au besoin.
Quel type de salarié.e.s sont attiré.e.s par l’entreprise ?
TR : Des jeunes motivés, des gens qui veulent voir l’extérieur.
Quand c’est leur premier travail, quelle est leur motivation principale ?
TR : L’argent, l’aventure, le voyage. Mais pas beaucoup de personnes que c’est leur premier emploi.
Quelles relations y a-t-il entre les salariés plus anciens et plus jeunes ?
TR : Bonne quand même, beaucoup de mentorat et d’apprentissage. Les plus vieux aides les plus jeunes à apprendre le métier.
4) Le métier
Depuis combien de temps travailles-tu dans cette entreprise ?
TR : 3 ans et demi.
Depuis combien de temps existe-t-elle ?
TR: Presque 150 ans je crois, attend je google… depuis 1919.
À quoi ressemble la pyramide des âges dans l’entreprise ?
TR : Beaucoup de plus de 40 ans. Je suis dans les plus jeunes en étant dans la trentaine.
As-tu déjà travaillé dans une entreprise de la même branche, et qu’en est-il de tes collègues ?
KA : Non, certains oui, mais vraiment pas tous.
Quels métiers as-tu exercés auparavant, et quels métiers ont exercés tes collègues ?
TR : Agent de contrôle d’embarquement dans un aéroport, plongeur, cuisinier, agent de sécurité, chauffeur pour Uber.
Comment as-tu été embauché ?
TR: Envoyer mon CV en ligne durant la Pandémie.
Est-ce qu’il y a différents moyens d’embauches (par exemple, népotisme ou contrats) ?
TR : Disons que connaître quelqu’un dans l’entreprise ça aide beaucoup.
Pourquoi as-tu choisi cette entreprise ?
TR : Le salaire ! j’ai appliqué sur google et il y avait un emoji de sac d’Argent à coter de l’annonce haha.
Souhaites-tu y travailler longtemps ? Qu’en est-il de tes collègues ?
TR : Beaucoup veulent rester longtemps, je songe à quitter bientôt.
Quel travail aimerais-tu faire si tu quittes l’entreprise et pourquoi ?
TR: Pilote d’avion, j’ai toujours adoré voler.
5) La qualification
Quels sont les critères d’embauche utilisés par la direction ?
TR : Un secondaire 5, la forme physique (être capable de soulever 80 livres fréquemment), le respect des règles de sécurité.
Quelles étaient tes qualifications et ta formation professionnelle avant d’entrer dans l’entreprise ?
TR : Aucune.
Y a-t-il une formation maison pour qualifier les salarié.e.s et combien de temps dure-t-elle ?
TR : Oui on est en formation 6 mois à l’intérieur de l’entreprise.
Qu’y apprend-on et qu’y as-tu appris ?
TR : Les règles de sécurité, comment opérer le train, les manœuvres, comment checker les freins, comment utiliser un radio, les longueurs réglementaires de trains.
Que penses-tu de cette formation maintenant que tu travailles dans l’entreprise ?
TR : Elle est bonne, honnêtement, une des meilleures choses faites par la compagnie, la formation est faite par les employés syndiqués.
Disposais-tu de la qualification requise pour ton travail ou as-tu appris sur le tas ?
TR : Sur le tas, pas mal la seule manière de l’apprendre, avec l’expérience vient vraiment comment faire le métier.
Quelles sont les compétences requises pour exercer ton métier ?
TR : Être prévoyant, en forme physiquement, savoir respecter les règles, mais aussi savoir comment ne pas les respecter, savoir naviguer les boss et les collègues.
6) Les méthodes de travail
Quelles sont les opérations que tu effectues à ton poste ?
TR : Je suis sur la formation de convoi. Je dois enligner les wagons dans la cour et former un convoi selon les spécifications. Je parle avec le conducteur de locomotive via radio et j’attache les wagons ensemble. Je l’accompagne des fois pour aller desservir les clients sur l’île (de Montréal).
Qui est ton supérieur hiérarchique immédiat ?
TR : Aide-surintendant.
Quels sont tes différents supérieurs ?
TR : Assistant surintendant, surintendant, directeur général régional, VP opération, président directeur général.
Avec quelles machines, outils, ordinateurs, etc., travailles-tu ?
TR : Un radio, un dérailleur, un flag de sûreté, un breakstick (frein manuel), un levier d’aiguillages.
À quoi servent-ils ?
TR : Dans l’ordre : a communiqué, a faire dérailler le train pour des raisons de sécurité, annoncer ma présence sur les rails, arrêter un wagon ou un train, changer la direction d’un train.
Maîtrises-tu bien leur fonctionnement ?
TR: Très bien.
Aimes-tu travailler avec ces outils, machines, ordinateurs, etc. ?
TR : Plutôt neutre.
Qu’apprécies-tu, de façon générale, dans ton travail ?
TR : Le métier de chef de train est intense et physique, sa garde en forme ! Les collègues sont bien, le salaire est bien.
Que détestes-tu dans ton boulot ?
TR : Le stress, le danger. Être souvent seul face au danger. Le fait que rien ne change pour améliorer la sécurité.
Par exemple. Ils nous ont retiré les breaksticks sur certains shifts simplement pour sauver quelques piasses en équipement. Ça nous mets vraiment en danger pour quelques piasses de sauvée.
7) Les formes de coopération et d’entraide dans le travail
Travailles -tu en coopération avec d’autres salarié.e.s ?
TR : Oui on se divise les tâches au début du shift et on communique ensemble pour l’ensemble du shift, surtout avec les braeckmans durant la tâche.
Comment se déroule cette coopération ?
TR : Soit au radio soit à porté de voix.
As-tu des contacts avec d’autres ateliers ou départements de l’entreprise ?
TR : Oui.
Ces contacts sont-ils importants pour ton activité ?
TR : Surtout pour des raisons de sécurités, tu ne veux pas écraser les gars de maintenance.
Comment trouves-tu les informations nécessaires pour ton travail ?
TR : Via des tablettes électroniques de la compagnie.
8) Les problèmes dans l’organisation du travail
Quels sont les problèmes les plus fréquents dans l’organisation du travail ?
TR : Le timing, les boss calculent vraiment mal le temps qu’une tache peut prendre à faire.
Les installations et les machines sont-elles fréquemment en panne ?
TR : Oui souvent, le bateau est constamment en train de couler et nous on pompe. Rien ne marche, les machines sonnent douteuses tout le temps.
Quels sont les problèmes techniques et comment les affrontes-tu ?
TR : La télécommande de contrôle fonctionne pas, le radio brise, etc., j’appelle le boss pour qu’il envoie la bonne personne pour régler ça.
Quel rôle joue la coopération avec tes collègues face à ce type de problèmes ?
TR : Répondu plus haut.
Quel rôle jouent les directeurs, les contremaîtres et les cadres dans ce cas ?
TR : Ils ne peuvent pas se permettre de ne pas régler les problèmes.
Tes tâches sont-elles toujours les mêmes ou dois-tu remplir d’autres fonctions ?
TR : Oui pas mal toujours les mêmes.
Quelles sont-elles et qu’en penses-tu ?
TR : Décrit plus haut, mais je constitue les convoies et j’accompagne le mécanicien de locomotive quand on va livrer à un client.
Selon toi, qui organise le travail dans ton atelier, ton département, ton entreprise ?
TR : Le train master et le superviseur des transports.
L’organisation du boulot est-elle cohérente, chaotique, absurde, ou irrationnelle ? Pourquoi ?
TR: Parce que les boss veulent maximiser leur profit.
Pourquoi existe-t-il des directeurs, des contremaîtres et des cadres ?
TR : Pour organiser le travail, mais sérieusement, si on désignait quelqu’un à tour de rôle et qu’on s’autonomise, on ferait des rotations, on pourrait vraiment limiter la taille du middle management.
9) L’intensité du travail et les cadences
Qu’est-ce qui détermine les cadences ?
TR : La quantité de marchandise à livrer.
Quels sont les facteurs qui t’obligent à travailler plus vite ?
TR : La pression des boss.
As-tu le temps de discuter avec tes collègues pendant le travail ?
TR : Oui un peu.
Comment rends-tu ton travail moins pénible et comment t’aménages-tu des pauses non programmées par le patron ?
TR : En faisant des jokes, en disant de la marde, aussi j’essaye de respecter au maximum les règles de sécurité, c’est sur que c’est fucking plus long. Les boss ferment les yeux quand tu les ignores pour aller plus vites, même ils encouragent. Beaucoup d’employés veulent bien paraître, mais c’est cute d’être « productif » jusqu’à ce que quelqu’un perde une jambe ou meure.
Ton travail est-il stressant et pourquoi ?
TR : Oui, surtout à cause du danger.
Comment te sens-tu à la fin de la journée ?
TR : Fatigué, souvent brûlé. Je n’ai jamais d’énergie à la fin d’un shift.
10) Le contrôle du travail
Qui contrôle ton travail, comment, et pourquoi ?
TR : Le surintendant, très rare que je le vois.
Quels sont les critères d’évaluation de ta productivité ?
TR : l’horaire. Un train qui doit partir à 13 h ne peut pas partir à 13 h 15, ou à 12 h 45. Aussi, le nombre de chars que tu bouges en un shifts.
Que se passe-t-il quand tu commets des erreurs ou que tu n’obéis pas aux ordres ?
TR : Ça dépend de l’erreur, si personne ne te voit tu es généralement correct. Mais certaines de tes erreurs pourraient tuer quelqu’un.
La plupart du temps le boss fait des commentaires indirects, des observations plus directes parfois, puis ils vont commencer à utiliser les règles de SST (santé sécurité au travail) contre toi. Tu peux accumuler des points de démérite, tu es renvoyé après en avoir accumulé un nombre trop élevé.
Cela arrive-t-il souvent ?
TR : Oui quand même, mais des fois les boss des autres terminaux viennent pour faire des contrôles surprises.
Réussis-tu à contourner les contrôles ?
TR : Moyen.
Arrive-t-il que tes collègues commettent délibérément une erreur pour obtenir une pause supplémentaire ou défier votre chef ?
TR : Plus oublier des règles pour aller plus vite.
11) Le salaire
Combien gagnes-tu ?
TR : Environ 100 000 $ par année.
Tous tes collègues touchent-ils le même salaire ? Quelle en est la raison ?
TR : L’affectation de tâches.
Existe-t-il une échelle salariale ? Comment est-elle fixée ?
TR : Elle est fixée selon l’affectation, le type de tâche. Quelqu’un qui fait du convoi, du voyage longue distance est beaucoup mieux payé que ceux qui assemble les trains en gare de triage.
Quels sont les moyens d’obtenir une augmentation dans l’entreprise ?
TR : Se faire former pour changer d’affectation, comme devenir mécanicien de locomotive.
Ton salaire dépend-il de ta productivité ?
TR : Non.
Reçois-tu une rémunération supplémentaire pour certains types d’horaire (nuit, week-end) ?
TR : Petite prime de nuit.
Comment la direction justifie-t-elle les différences entre les salaires ?
TR : En fait la direction veut les abolir pour baisser les salaires de tout le monde.
Que pensent tes collègues des salaires dans l’entreprise ?
TR : Il pense que c’est bien, mais que ça se dégrade en relation avec la tâche.
12) Les horaires de travail
Que dit exactement ton contrat sur les horaires de travail ?
TR : C’est déterminé par l’affectation.
Fais-tu des heures supplémentaires ?
TR : Oui, en fonction du flux de marchandise, j’en fais un peu. Surtout en hiver quand le trafic est moins fluide.
Travailles-tu en équipe ?
TR : Oui.
Quelle est la durée du trajet pour te rendre au travail ?
TR : Une heure.
Combien d’heures par jour l’entreprise fonctionne-t-elle ?
TR: 24, 7.
Est-elle ouverte le samedi, le dimanche et les jours fériés ?
TR: 365 jours par année.
Comment sont organisées les équipes (horaires, jour/nuit, etc.) ?
TR: 4 shifts de 8 h plus beaucoup de sur appel.
Qui décide de la composition des équipes et des horaires ? As-tu été consulté à ce propos ?
TR: L’ancienneté et la convention.
Combien de pauses prends-tu par jour et à quelles heures ? Les salarié.e.s prennent-ils leur pause ensemble ?
TR : Une grosse pour le lunch, la plupart du temps ensemble.
Y a-t-il des pauses supplémentaires liées à une pénibilité particulière de ton travail ou de certaines tâches ?
KTR: Non.
Combien de jours de vacances as-tu par an ?
KA : deux semaines an, je passe a trois l’an prochain
Es-tu satisfait de tes horaires, du système des équipes ?
KA : Les horaires sont vraiment problematique
Qu’est-ce qui te déplaît le plus dans l’entreprise ?
KA : Les horaires atypiques. Même si tu as un horaire sur une semaine, ça change de chaque fois. Donc tu n’as pas les mêmes shifts de semaines en semaines. En plus des fois, tu fais deux shift de jour, puis trois de nuit, donc ta journée dans le milieu tu fais un shift, puis tu dois retourner 4 h après ton shift de jour pour faire ton shift de nuit.
Puis le fait qu’on te discipline beaucoup pour ne pas manquer le travail, même si tu y as droit. Genre après 3 jours de maladie, même si tu as droit à plus d’une dizaine, tu vas te faire discipliner
13) Les syndicats
Existe-t-il une convention collective ?
TR : Oui, mais elle est finie.
Concerne-t-elle la société où tu travailles, le groupe auquel elle appartient ou tout le secteur économique dont elle dépend ?
TR: Les deux, une convention pour le rail et une spécifique pour la compagnie.
Est-il possible de lire ou d’avoir une copie de cette convention ? Sinon, quelles seraient les clauses les plus atypiques ou problématiques de cette convention ?
TR: Oui, surtout que le salaire de ceux qui sont sur le convoi n’est pas à l’heure.
Qui a signé ces accords avec la direction ?
TR : Le syndicat.
Existe-t-il un organe de concertation avec le patron ?
TR : Un comité de santé-sécurité et un comité de formation.
À quoi sert-il et que fait-il ?
TR : Aider la santé sécrutiée et à faire la formation.
Es-tu syndiqué.e ? Avec quel syndicat ?
TR : Oui, avec les teamsters.
Que fait-il pour vous ?
TR : Accompagnement lors de mesure disciplinaire ou des accidents de travail, griefs, gère les assurances, négocie, aide à faire respecter les règles de santé et sécurité.
Que penses-tu et que pensent tes collègues du syndicat ?
TR : Sont bons pour la gestion des affaires courantes, mais pas assez combatifs, qu’ils ne nous ont pas préparés à la loi spéciale et à la défier.
Qu’attends-tu des délégué.e.s ?.
TR : Qu’il me protège comme du monde, qu’il passe les infos les plus complètes et à jour possible sur les négos et les autres problèmes.
14) Les services
Quel est le nom de ton service, département, ou atelier ?
TR: Transport.
Quels biens produit-il ou quels services vend-il ?
TR : Transport ferroviaire.
Quelle est son utilité ?
TR : transport de marchandises.
Considères-tu que ton travail est utile à la société ?
TR : Quand même ! Le grain, les médicaments, et plein d’autres choses doivent se rendre à la maison. En plus on pollue moins que les camions.
Qu’en dit la direction ?
TR : Que ça leur fait beaucoup d’argent.
Qu’en pensent tes collègues ?
TR: Même chose que moi grossièrement.
15) Les conflits entre salarié.e.s et avec le patron
Pendant que tu travailles, discutes-tu des problèmes qui se posent dans l’entreprise ? Peux-tu nous donner des détails ?
TR : Oui, on parle de nos horaires de marde.
Y a-t-il eu dans le passé, ou y a-t-il en ce moment, des conflits entre les salarié.e.s ? À propos de quoi ?
TR : On a souvent des problèmes de communication avec les autres équipes, comme avec les entretiens, qui signalent mal leurs travaux donc on passe proche de leur rentrer dedans.
Y a-t-il eu et y a-t-il des conflits avec la direction ? Sur quoi ont-ils porté ? D’autres conflits couvent-ils ?
TR : Les horaires, le fait qu’ils veulent défaire les échelles de salaires. Le conflit est toujours en cours, car on s’est fait entrer de force au travail.
Votre entreprise est-elle menacée de licenciements collectifs ou de fermeture ?
TR : Oui, mais on prend ça cyniquement.
Que penses-tu de ces menaces ?
TR : Que c’est n’importe quoi ! On bouge l’économie canadienne. On va suivre l’économie comme d’habitude
16) Discussion
Quelle différence existe-t-il entre le travail au sein de ton entreprise et celui d’autres secteurs d’activité (usine, hôpital, bureaux, etc.) ?
TR : l’horaire est absolument différent, on est constamment en mouvement et les emplois peuvent être très précaires pour une job de col bleu.
À l’avenir, l’activité de ton entreprise va-t-elle s’étendre ?
TR : Je pense qu’on est un peu trop saturés pour l’instant.
Que penses-tu de la possibilité de t’organiser avec d’autres gens pour améliorer les conditions de travail ?
TR : Oui, mais je suis cynique sur mes collègues.
Avec qui aimerais-tu t’organiser ?
TR : Mes collègues, d’autres travailleurs du même secteur ou frappés par des lois spéciales, sur un groupe What’s app.
Comment agirais-tu pour faire avancer tes revendications ?
TR : La grève et la solidarité.
Quelles sont tes principales revendications ? .
TR : Des horaires plus stables, plus de gens engager pour qu’on puisse prendre le temps de faire les choses de manière sécuritaire.
17) Sur le questionnaire
Que penses-tu de ce questionnaire ?
TR : Je l’aime bien, c’est complet.
Que proposes-tu pour l’améliorer ?
TR : Le rendre moins incriminant, certaines questions m’identifient trop facilement.
18) Sur la personne interviewée
Es-tu délégué syndical ?
TR : Je ne suis pas délégué.
Y a-t-il eu des luttes auparavant dans ta boîte ?
TR : Oui, une grève en 2019.
Quelles ont été les décisions du patron qui les ont déclenchées ?
TR : De nous mettre en lock-out.
Y a-t-il eu des grèves dans d’autres entreprises du même groupe ou de la même branche ? Qu’est-ce qui les a déclenchées ?
TR : Le CPKC est en grève pour leurs horaires et leurs congés maladie.
Quelles sont vos revendications ?
TR : Horaire plus accommodant pour la vie personnelle.
Qui les a rédigées ou mises en avant ?
TR : Le syndicat après nous avoir sondé.
19) Sur les conditions de travail
Où se déroule la grève (au niveau de l’entreprise, d’un département, d’un atelier, d’un service, etc.) ?
TR: Lock-out de tous les employés.
Quelle est l’importance de cette entreprise pour l’économie locale, régionale, nationale ?
TR : Extrêmement importante.
Quels sont ses liens avec d’autres entreprises et d’autres branches (fournisseurs, sous-traitants, etc.) ?
TR : Plein d’entreprises dépendent de nous.
Quelle est l’influence de la nationalité, des types de contrats des salarié.e.s sur la lutte ?
TR: Trop courte pour s’en rendre compte honnêtement.
20) L’organisation de la lutte
Qui a déclenché la grève (les salarié.e.s, le syndicat, etc.) ?
TR : Le patron.
Le conflit s’étend-il (dans l’entreprise, dans la région, etc.) ?
TR : Il a été étouffé dans l’œuf pour le gouvernement.
Quelle influence ont les ouvrier.e.s ou les employé.e.s de base sur le conflit (dans les débats, les AG) ?
TR : On voulait aller en grève, mais le patron nous a pris de court. 98 % avaient rejeté la dernière offre patronale et voté pour la grève.
Qui fait les propositions ?
TR: Les délégués.
Les propositions de la base sont-elles prises en compte, ignorées, déformées ?
TR : Disons reformulé, des fois pour être plus « raisonnable » en négos.
Quelles initiatives sont-elles prises pour obtenir le soutien d’autres gens que les grévistes (dans l’entreprise, dans le groupe auquel elle appartient) : réunions publiques, manifestations, etc. ?
TR : Piquetage devant les bureaux de la compagnie au centre-ville.
Quels sont les moyens de production utilisés pendant la grève (bulldozers, camions, ordinateurs, etc.) ?
TR : Pas eu le temps de faire beaucoup.
Quel est le lien entre les relations dans le travail et les relations entre grévistes (coopération, y compris avec d’autres ateliers, services ou départements, etc.) ?
TR : Trop court.
Quelles ont été les initiatives prises contre la grève (propagande patronale, embauche de scabs, interventions policières, etc.) ?
TR: Barrage médiatique contre nous et notre syndicat. En plus d’une loi spéciale pour nier notre droit de grève.
Quel a été le rôle politique des organisations extérieures à l’entreprise (syndicats, partis politiques, comités de soutien, etc.) ?
TR : Trop court pour le voir, mais certains délégués à Montréal sont membres d’un groupe Troskyste appelé « La ligue ».
Quelles ont été les formes d’organisation pratiquées par les salarié.e.s (comités de grève, interpro, etc.) ?
TR: Trop court, mais on se parlait sur les piquets.
Quels problèmes ont-ils rencontrés en s’organisant ?
TR : La loi spéciale.
21) Effets de la lutte
Quels sont les effets de la grève (interruption ou baisse de la production, perturbations dans le travail d’autres services, ateliers, départements, usines, etc.) ?
TR : Plusieurs centaines de millions de dollars de pertes économiques.
Il y a t’il des conséquences du conflit sur les autres ouvriers, les clients, les patients, etc.) ?
TR : On bloque vraiment le fonctionnement normal de l’économie.
Quelle est l’opinion des médias (presse écrite, radio, télévision, etc.) ?
TR : Ils nous salissent, c’était vraiment un peloton d’exécution médiatique durant la grève.
22) Le déroulement de la lutte
Comment la lutte peut-elle se développer (actions, extension, etc.) ?
TR : Trop court.
Quel est le moral des travailleurs et des travailleuses ?
TR : La loi spéciale a fait mal, on est tous plus cyniques qu’avant.
La fin du conflit est-elle proche ?
TR : Déja fini.
Que va-t-il se passer ensuite (conditions du retour au travail, mesures de rétorsion des patrons ou des chefs, nouvelles luttes, etc.) ?
TR : Je ne sais pas, ça me fait chier.
23) Bilan de la lutte
Que pensent les travailleurs de l’expérience qu’ils sont en train de vivre (forces, faiblesses, etc.) ?
TR : Que le gouvernement est du bord des boss, que le syndicat respecte trop la loi.
Que pourrait-on améliorer ou faire différemment la prochaine fois ?
TR : Défier la loi spéciale, s’orgnaiser de manière autonome.
Quels liens les salariés établissent-ils entre leur lutte et la situation sociale générale ?
TR : Surtout l’inflation et les négos de salaires, mais aussi que tout le monde semble travailler plus dans tout le secteur, et que la sécurité de dégrade dans pas mal de job.
Quels liens établissent-ils avec les luttes d’autres branches ?
KTR: S’organiser de manière autonome, extra-légale, pour bloquer le travail malgré les lois spéciales.
Comment doit se faire le travail de popularisation de la lutte : dans quels endroits, vis-à-vis de quelles personnes, etc. ?
TR : On devrait aller voir les débardeurs et le monde au CPKC, vraiment bloquer l’économie s’ils nous retirent notre droit de grève.
24) Sur l’interviewer
Comment et où ont été réalisés l’interview, le compte rendu (lieu, sources d’information, etc.) ?
TR : Dans un café, sur une terrasse.
Quelle est ton opinion sur les événements, les forces et les faiblesses de la lutte ?
TR : Son respect de la légalité, le manque de mobilisation de la base.
Quels bénéfices as-tu tirés de la réalisation de l’interview ou de l’écriture de ce compte rendu ?
TR : Peut-être que je vais essayer de motiver une organisation de base autonome.